Des semaines à voir la vie en "O"

Publiée le 26/02/2025
07.02.25 → Póvoa de Varzim 11.02.25 → Matosinhos 14.02.25 → Porto 23.02.25 → Retour Matosinhos

De retour d’une micro promenade quelques minutes avant le départ imminent, nous devons nous frayer un chemin entre une ribambelle d’hommes pour se rendre au bateau. Un petit monde bien sapé s’est installé devant notre portillons donnant accès à notre ponton privatif.. Non mais oh ?! Qui sont ces gens sans gêne ? Est-ce que moi je plante ma tente dans le jardin des inconnus ??? Nous passons sous leurs regards inquiets et interrogatifs, leurs retournons les nôtres amusés et taquins et commençons à préparer le bateau comme nous avons l’habitude de faire. 

Oh ?! Une femme ! Il y a une femme parmi cette tripotée de porteurs de couilles ! Elle semble travailler comme journaliste et photographie un bateau de la SNSM amarré juste devant Yes Aï. Mais enfin, que se passe-t-il ici ? Qu’est-ce que c’est que tout ce chahut ? Cahuette, Marvin, souriez ! Nous sommes pris en photo ! La reporter circule sur le ponton, recherche différents angles de vue pour prendre des clichés du gros “zod” flambant neuf ! On dirait qu’elle essaie surtout d’éviter, incontestablement par faute de goût, que n’apparaisse sur son écran le plus beau des 2 bateaux ! Intérieurement, j’espère que figurera au moins la plus belle de toutes les queues se trouvant ici ! Je parle de celle de Cahuète bien entendu...  

Un homme grand, sans aucun doute le supérieur hiérarchique de tous les autres (et probablement le lécheur de bottes de Monsieur le Maire ici présent dans l’assemblée) s’approche de nous et nous demande d’une manière enrobée et diplomatique de dégager d’ici. Ce que nous faisons dans la seconde puisque nous sommes justement en train d’appareiller le bateau.


Départ tout en douceur ce vendredi 7 février. 1 ris, 10/15 nds grand largue, 2m de houle bien orientée. La navigation est cool et facile, nous avons oublié que cela était possible. Un parcours de 20 milles nautique pour une durée de 4h avant d'entrer dans le port de Póvoa De Varzim. Nous nous attendions à faire face à d’affreux buildings mais par un heureux hasard, la marina se situe dans une anse préservée de ces boutons d’acnés bétonneux. 

Praia da Salgueira est une plage située à 2 pas du port. Elle est répertoriée dans le stormrider de Marvin, un guide des spots de surf européen. Dès le lendemain matin, nous enfilons nos “wetsuits” et partons planches sous le bras à la conquête de la vague ! Parfois, les conditions à l'eau diffèrent beaucoup de ce qu'elles laissent entrevoir depuis la plage. Il est souvent plus prudent d'observer le spot avant de se jeter dans le bain. Aujourd'hui, pas de risques. Hormis celui de faire choux blanc et sortir à la rame plutôt qu’en surfrant sa dernière vague 😆 Marvin s'en sort bien avec un score de 4, 5 vagues à son palmarès 😜

La vague levait vite, creusait fortement au départ et ramollissait rapidement dans la foulée. Peu importe, nous sommes l'un et l'autre ravie de s'être offert cette session fort bien régénérante 😊.


En ce moment, il est impossible d'envisager une longue traversée. Non pas que nous n'en ayons pas envie, bien sûr que non !  C'est effectivement ce vent toujours capricieux qui nous ralentit et nous oblige à revoir sans cesse nos plans… Plein sud, en plein dans le pif durant plusieurs semaines, la seule possibilité que nous avons est de parcourir de tous petit milles en tirant des bords.

Lundi 10 février, nous prenons donc ce qu'il y a à prendre et nous donnons comme objectif d' embouquer la rivière suivante de Vila Do Conde. Pour se faire, il faut être vigilant sur les horaires des marées et calculer l'heure à laquelle nous devrions nous y immiscer afin de descendre jusqu'au ponton aidé alors par dans la veine de courant.. S’il faut attendre, là encore, pour un temps indéterminé la bonne fenêtre météo c’est-à-dire, essentiellement ces fameux vents d’ouest à est, tremplin d’un grand saut vers le sud  et,  tout en sachant que nos dépenses mensuelles attribuées aux ports sont depuis longtemps dépassées, patienter ici serait de bon aloi. En effet, selon le site Navilis, ses pontons sont gratuits ! Cette localité offre par ailleurs bien plus que sa gratuité, elle semble tout à fait charmante, moins construite que ce que nous avons l’habitude de voir et de fréquenter ces derniers temps.


Alors allons-y ! Le vent était annoncé faible entre 0 à 5 nds. Nous nous retrouvons très vite avec plus exactement 5 à 0 nds ! 😅 Quand nos efforts pour arriver à destination deviennent trop vains et malgré une distance à parcourir soit-dit en passant, ridicule (moins de 3 milles), nous manquons le rdv et rebroussons chemin. “Vila Do Con Te Partirò” Une autre fois peut-être 😄 Le lendemain matin ?

Des français à Povoa De Varzim ?
Qui va gagner, le soleil ou la pluie ?
À l'abri de l'agitation de la ville, quelle belle surprise !

Assurément ! Deuxième tentative mardi 11 février pour de tenace gens comme nous 😇. Trop facile, nous y sommes, devant l’entrée de la rivière. Et le vent souffle, il souffle plus fort aujourd’hui… Serions-nous trop gourmands d’aller plus loin ? De croire en nôtre bonne étoile et d’imaginer que dans peu de temps, le vent tournera en notre faveur ?

Autrefois, je préférais attendre de connaître la solution pour me mettre en mouvement. D’être sûre de moi avant d’agir ou d’émettre quelconque avis. Au bout d’un certain temps, je devais me rendre à l’évidence et reconnaître que cette manière de fonctionner ne me menait à rien ou était rarement fructueuse. Plus tard, j'ai appris à fonctionner différemment, d’une manière qui me réussit clairement plus. Je me met en mouvement et la solution vient à moi ! De la magie ? Non, je ne pense pas. Ou alors, cela dépend de ce que l’on appelle “magie” 😋 Tout comme l’univers et chaque chose qui le compose, je crée du mouvement car le mouvement c’est la vie. Le non mouvement, c’est la nécrose, une eau croupie, la mort. Quel est le risque réel sinon de rencontrer d’autres possibilités que celle désirée ? Sinon, ouvrir le champ des possibles et avoir à choisir ? 

Je dirais qu’il s’agit d’un art de vivre, vivre avec des objectifs mais sans y consacrer de grandes attentes.


Réflexion faite, nous attisons la chance et poussons plus loin la navigation en vue d’arriver à Porto situé à 12 milles d’ici.. Pas de risques donc car si nous ne parvenons pas à rejoindre l’entrée de Douro Porto, il y a toujours la possibilité de revenir sur nos pas et de s'abriter dans la fameuse rivière de Vila Do Conde ou encore, au port de Leixões à 10 milles d'ici.

Nous gravissons quelques km poussés par des vents entre  5 à 10 nds. Puis, petit à petit, un temps orageux s'installe avec alternances de môles, de petites risées et de vents nuls. À cet instant, nous pourrions regretter notre choix. À l’inverse, nous essayons de garder un esprit positif et  poursuivons notre objectif puisque l’air de rien nous continuons d’avancer. Nous nous exerçons à vivre sur le bateau comme nous le ferions après des jours passés en mer. Nous prenons cette situation comme un entraînement à notre future potentielle autre grande traversée 🤔😜. Aussi lentement soit-il, nous voilà à l'entrée du port du Douro.Nous tentons d'y entrer sans être sûr d'arriver jusqu'à la Marina. Nous sommes à la renverse de marée, cela signifie que nous avons 1 chance sur 2 d'avoir le courant avec nous pour avancer sous ce vent faiblard. Et bien … non ! Ce ne sera pas pour cette fois ! Tchao Porto, on se reverra peut-être d'ici quelques jours. Ou peut-être jamais si des fois on trace plus au sud jusqu'à Péniche qui sait ! 😄 Pour l'heure, difficile de garder le moral j’avoue. Faut dire, il commence à se faire tard, le froid s'installe et la fatigue se fait sentir. L’optimisme dont je n’arrête pas de parler est grandement mis à l’épreuve aujourd’hui 😮‍💨 À quel moment on switch et devenons fatalistes ? À quel moment repensons-nous à notre choix fait quelques heures plus tôt, celui de ne pas rejoindre le port de Vila Do Conte ? Hummm non, ne laissons pas cette petite pensée futile envahir notre esprit et rassemblons nos forces pour trouver refuge au port de Leixões à 2 milles d’ici vers le nord.

Un simple petit coucou à la rivière du Douro mardi 11 février !


Il est désormais pas loin de 17h, nous avons pris la mer à … 8h30. Wahouu ! C'est incroyable comme les milles avalés peuvent varier selon les conditions établies. 2 milles nautiques peuvent se faire en 25 minutes à une vitesse de 5 nds. À 1 nds, c’est tout de suite 2 heures. 

D’accord, d’accord, d’accord..  Donc, selon mes calculs, sans explications valables le vent à d’autant plus faiblit, tourné ouest, nord-ouest. Ainsi, alors que nous devrions l’avoir par le travers et glisser à 4 nds, nous ne dépassons pas les 1.5 nds et  devrions arriver vers … 19h ! Mais c’est génial ! Quelle journée ! “C’est moi ou Éole se fout de notre gueule !???” 😡 OK, Ok, ok… Calme, je garde mon calme.


“Oh putain ..Regarde ce nuage qui vient droit sur nous… Avec un peu de chance, quitte à se prendre de la flotte, espérons au moins qu'il nous apporte du vent pour nous envoyer tout droit vers le port” déclare Marvin d’un air désabusé mais dont le ton trahit son inébranlable positivisme.


Et ben voilà, chose dite chose faite. 

Nous nous prenons la douche de l'année à en retirer ses lunettes de vue pour y voir plus clair 🤓. Un vent de … Quoi ??? Qui, où, comment, pourquoi ? Nord ? 15 nœuds ??? D’une vitesse de 1.5 nds, nous passons à 4, 5 nds en un rien de temps. 

“Sérieusement ?! Quel gouaille ce vent ! Quel maudit insolent ! Quel …” “BOUUUUUTTTT !!!  Manquait plus que ça ! Un cargo, droit devant nous ! Il nous oblige à modifier notre route si près du but et alors qu'enfin nous faisions véritablement ce qui s’appelle être de la voile. Il pleut toujours comme une vache qui pisse et nous voilà à tirer des bords entre les digues, dans l’espace étroit de l’entrée du port. “On ne l’avait pas encore fait celle-là” exprime Marvin en criant dans ma direction pour porter sa voix par-dessus tout le vacarme environnant.

Passé ce géant des mers, Marvin décide d’enrouler le génois pour le peu de distance qu’il reste à faire …

“Ben oui mais bon … Il n'y a plus de vent maintenant que nous sommes derrière la digue” 

Godille, c'est à toi de jouer ! Godille et mes bras, je ne sais trop comment, encore robustes semblerait-il. ½ heure de rame et FINALEMENT nous nous amarrons à la place N°44 dans le port commercial et industriel de Matosinhos. Moche et sale mais en cette heure, si accueillant et réconfortant !

Journée et conclusion ambivalente : 10 heures de nav, 20 milles nautiques pour une distance sous un vent portant qui reviendrait à 12 milles comme évoqué précédemment. Une perte de temps ? Une perte d'énergie ? Une punition du fait d'une impatience mal géré ? Ou, un entraînement ? Du renforcement musculaire et mental ? Un gain de confiance en soi ? Il n’y a plus qu’à choisir 🙃


Les jours suivants, le constat est le même que le soir de l’arrivée.Oui, le Port de Leixões est moche. Oui, son eau est sale. On y trouve de tout. Parmi les déchets naturels, des bouteilles plastiques, des sacs plastiques, toutes composantes qui ne sont faites que de plastique. Merveilleux 😁. La vue elle aussi est fantastique : Des montagnes de conteneurs multicolores, plus imposants les uns que les autres se surmontent et voyagent d’un point A à un point B à l’aide d’immenses grus dont les pinces inassouvies, semblent s’actionner nerveusement. 

Un jour, on se lève du bon pied : “C’est quand même atypique de voir ça ! 😃”

L’autre jour, on se réveille plutôt morose : “Qu’est-ce que c’est bruyant en plus ! Quand est-ce qu’il arrête de travailler ceux-là ?” 🤨

On esquive autant que possible ce tableau en longeant la côte à pied du port à l’ ”Obelisco da Praia da Memória” d’un côté. Du port au “Forte de São João Baptista da Foz” de l’autre. Ce dernier nous faisant passer devant un spot de surf dont les vagues sont pas moins affriandantes qu’une tablette de chocolat noir 90% ! 😍  La tentation d’y revenir surfer est grande mais la distance à pied l’est aussi et ne manque pas de nous décourager. Si encore il nous était possible de prendre le bus mais cela voudrait dire que l’on laisse la pauvre Cahuette à son triste sort, elle si friande des sprints sur plage…

En attendant samedi, jour d’un optionnel saut jusqu’à Porto, on se rend la vie agréable en se remettant au sport notamment par de la marche rapide et de course à pied jusqu’au phare de Leça. Si le paysage n’est toujours pas franchement séduisant, autant avoir les yeux dans le vide et tourner son attention ailleurs  😛

Matoshinos, ville industrielle
Spot de surf de Matosinhos
14 février : St Valentin du 21ème siècle dans un monde qui n'est pas tout à faitle mien 😛
Quand le monde industriel côtoie le monde naturel
Quand l'histoire humaine rencontre l'histoire naturelle
Quand le temps s'arrête durant l'observation d'un oiseau marin
Tout est dit !

Samedi 15 février, départ foireux. Lorsque l’on veut du vent, il n’est pas rare que l’on rencontre une pétole. Et lorsque l’on attend une pétole, nous avons la surprise d’être caressés par un petit vent frais. 

Ce matin, c’est exactement ce qu’il est en train de se passer. Après avoir fait manuellement demi-tour au bateau et dans la manœuvre suivante qui consiste à le pousser hors de son emplacement, un vent de sud se lève dans la marina. Dans nos estimations, il devait être suffisamment faible pour être ici, entre ses murs, totalement insignifiant. Par conséquent, nous donner la possibilité de partir à la godille non loin d’ici. En fait,  juste derrière le port mais avant la digue. Il nous trottait dans l’esprit de faire notre première nuit de ce voyage au mouillage, les températures devenant alors plus clémentes avec la réapparition du soleil dès ce soir. C’est râpé ! Nous nous rendons finalement au bureau du port et contre toutes attentes, le "marinos" nous propose gracieusement un remorquage en fin d’après-midi. La veille, la dame  que nous avons interrogé sur cette éventualité nous à tout simplement répondu que ça n’était pas possible. Vraisemblablement, elle a surtout eu l’impossibilité de remuer ses méninges prise d’une flémingite aiguë ou bien d’une sorte de commotion cérébrale, je ne sais pas...

Baixa Do Moco

La nuit fut fraîche mais le réveil plaisant. Grand soleil éclatant et réchauffant, de quoi dégourdir nos membres et nos muscles cérébraux avant de ressusciter les facultés motrices de notre chère habitation mobile.

Nous quittons Leixões ce dimanche 16 février la joie aux lèvres, le sourir aux cœurs 🥰 Heureux et soulagés de déserter ce décors manufacturier pour en trouver un autre, certes citadin mais théoriquement plus élégant.

La route est complètement ok jusqu’au passage même de la barre 👏 Nous évoluons grand large à 5 à 7 nds, toute la toile dehors. Nous sommes dans le bon timing à l’entrée de la rivière Douro. Le courant est avec nous et la houle de 2, 3 m aussi. Nous n'en demandions pas tant ! Salutation aux palmiers sur notre gauche et accostage du port, d’une manière des plus habituels plus loin sur notre droite. La Marina de Porto est une entreprise privée. C’est en 2013 qu’elle s’est achetée cet espace sur la rive sud de la rivière du Douro, juste à côté d’une réserve naturelle. NB : cette réserve naturelle existe probablement puisqu’il ne reste plus rien de à proprement parler “naturel” autour. Des résidences, des résidences et encore des résidences. 

Minute me dirait-on ! Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain ! 👶🛁 Un historique et atypique choupinou petit quartier portuguais se mariant merveilleusement bien avec le paysage résiste encore et toujours à l’envahisseur. Lui ! Elles ! D’oppressantes et gigantesques constructions résidentielles s’interposant grotesquement entre ce quartier et les plages. 

Je suis plutôt de l’avis d’Henry David Thoreau à propos des habitations et de la vie civilisée : “Si je suis venu au monde, ce n’est pas pour le transformer en un lieu où il fasse bon vivre (j’ajouterais “soi-disant”), mais pour y vivre”. En suivant cette pensée, j’ai l’impression de rester à ma place, de respecter ma nature humaine, celle qui m’entoure et celle dont je fais partie. Comment pourrais-je ne pas être écœurée par ces bâtiments dont la lourdeur dépasse massivement leurs poids ? Comment pourrais-je ne pas être touchée par ces attaques visuelles qui ne sont autres que des attaques à la terre ? Cette planète que j’admire par ses espaces encore naturels bien que majoritairement plus sauvages. Que je respecte de mon mieux autant dans mes actes que dans mon cœur.


Vue sur la réserve naturelle de l'estuaire du Douro
Quartier sympathique de Porto
Ici, les lavoirs sont encore d'actualité !
Le charme atypique des habitations

Quittons ma tête, revenons au récit de notre voyage ! Ici et maintenant à la Marina de Porto, la nuit coûte 29€ ce qui est cher comparé aux autres ports d’Espagne et de Portugal (entre 12 et 22€). C’est une mauvaise surprise, surtout que nous sommes contraints d’y rester un bon moment. D’une, toujours pour une histoire de prévision météo. De deux, l’entrée et la sortie du port sont soumises à des autorisations qu’il ne faut pas violer ! Non non non ! ☝️ Sous peine de se prendre une amende bien salée de 300€. Gloup ! 😲  C’est un norvégien Erling que nous avons rencontré sur un ponton, qui a bien failli recevoir cette contravention ! Quelle mauvaise langue je suis ! Ceci est pour nous protéger bien sûr ! Afin que des fous comme nous n’encourent pas le risque à passer la barre pouvant être très dangereuse selon l’état de la marée. Pourtant, êtres inconscients que nous sommes, jamais ! Ô grand jamais, nous nous frotterions au danger de perdre … Autant d’argents ! 😂 

Ah c’est de la barre qu’il faut avoir peur ? Ah bah zut ? J’avais oublié ! Parce que moi d’abord, j’ai peur de la prune ! Aaah c’est pour limiter les comportements à risque ? Ok d’accord, donc si je comprends bien on fait peur à des gens pour pas qu’il n’aillent pas se faire peur face à la dangerosité de l’océan ? Et pour ne pas qu’un enfant apprenne à taper, on le tape ? 🙊 Pardon mais il n’y a que moi que ça choque ??? Non il y a Marvin aussi ouf ! Notre ami belge Benoît, déjà loin devant sur son périple vers le sud du Portugal aurait, j’en suis sûre, une parole sage et mesurée à nous partager. Bien plus que ma jeune langue de vipère 🐍😜 Peut-être suis-je naïve de croire que d’autres méthodes pourraient être utilisées mais bref. 

3 nuits au ponton, 1 nuit au mouillage juste à côté de la Marina. “On se la tente ?” : Marvin. 

Nous ne pourrons plus profiter de l'électricité mais il y a des solutions à ça : double couche de vêtements et on accepte les pieds froids ! 🥶

“Mouai d’accord… ça ira pour cette fois… “ : Océane

“Ce sont des économies pour notre porte-monnaie que nous devons guetter de près après déjà 4 mois de voyage…” : Marvin ! 

“Ok 10 points supplémentaires ➕(✖️➕)” : Océane


C’est l’option pour laquelle nous optons ce mercredi soir 19 février. Le lendemain, il fait grand soleil et  quitte à avoir gonflé le kayak, on décide de se faire une virée de l’autre côté de la rive à environ 5 encablures de notre position. Marvin à l’arrière celui qui oriente, Cahuette au milieu celle qui gigote bien de trop et se prend malgré elle des coups de pagaies dans la face (ou bon gré qui sait, peut-être est-elle sado-maso !!) et moi-même à l’avant, le moteur  de l’embarcation. La virée kayak prend des airs de ring de boxe mais l’affaire fonctionne bien. Un aller-retour de la rive nord à la rive sud de Porto, coupant à la perpendiculaire le courant ascendant et descendant. Nous passons la journée à visiter la ville, sa façade et ses coins reculés. Une révélation de Marvin fait l’effet du bombe dans ma tête : Pour parvenir à apprécier la ville et y découvrir son authenticité, il ne faut pas rester en bord de mer et errer entre les restaurants chics et le tramway touristique. Il faut à l’inverse grimper la colline, traverser successivement 2 ou 3 ruelles et franchir le seuil d’un bar restaurant à peine visible par l’absence de sa devanture. D’extérieur, ce genre d’endroit peut paraître froid et inhospitalier ayant pour effet de faire tourner les talons à quiconque aurait peur de de se mesurer à l’inconnu. C’est à ce moment là même qu’il faut oser et entrer par la minuscule porte. Derrière, c’est une grande salle qui sent la clope à plein nez, dont les posters sont des portraits de familles et des écharpes aux couleurs du Portugal. Les bibelots, des ballons de foot et des répliques de vieux gréements et de vieilles barques ! Nous sommes dans le café “Taberna Canoa” et probablement que la clientèle ici présente n’est pas habituée à rencontrer des touristes. Nous voyons bien que nous attisons la curiosité des locaux. Discrètement, ils nous observent. Pas 1 seconde cependant, nous avons l’impression d’être une gêne pour ces gens. Pour dire vrai, cela ressemble à une approche “à la bretonne”. Un peu bourrus et méfiants, ils m’ont tous l’air néanmoins bienveillants. Davantage fourbus par les difficultés de la vie que agacés par la visite d’insipides petits touristes. Bercés par les discussions autour à demi-voix, nous admirons la vue par la fenêtre mais dont la hauteur offre un très beau panorama. Quoi de mieux après une longue marche et avant de retrouver notre Yes Aï à coup de rames 😌

la rivière du Douro traversant la ville de Porto
Alfandega Congress Center
Ponte da Arrábida
cathédrale de Porto
rive nord, palmier et train touristique
Oh ? Qu'est-ce donc cet oiseau !
Rive nord à l'approche de la digue
Intéressant !
On peut entrer ???
Bem-vindos, Bem-vindas !

Dimanche 23 février, l’autorisation de franchir la barre est enfin ouverte. Bonne nouvelle ! Toujours est-il,  la descente vers le sud n’est pas encore concevable. Nous suivons la bonne idée d’Erling qui se rend aujourd’hui à au port de Leixões. Pour faciliter un proche et futur départ, il vaut mieux partir de ce dernier plutôt que de celui du Douro à Porto. De cette façon, on se retire la contrainte de devoir franchir une barre et attendre l’aval des autorités pour pouvoir partir. Je suis entièrement d’accord avec ça mais n’ai absolument pas l’énergie pour manœuvrer quoi que ce soit sur le bateau. C’est le deuxième jour de mes règles. Cela représente à elles seules et pour ma seule personne, une grosse barre à passer ! Sans aucunes difficultés, Marvin prend alors en charge le retour à Matosinhos et y expédie en quelques heures  ses deux petites femmes. 


Nous avons les ingrédients suffisants pour passer nos journées et nuits au mouillage dans le “Baixa Do Moco” derrière la digue et devant la marina. Des températures avoisinant les 15 degrés ajoutées d’un grand ciel bleu, les conditions de vie restent vivables.

Quelques jours, juste le temps de s’attendre à une éventuelle grande traversée vendredi 28 février, ralliant Matosinhos à Nazaré.. Fingers crossed 🤞


Équipe Yes Aï encore au complet !
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